mercredi 30 novembre 2011

La mort est mon métier, Robert Merle


Ecrit dès 1950 et publié en 1952, ce livre étonne
par le recul de l'auteur sur le sujet, 
quelques années seulement après les faits

Une lecture commune organisée par Kactuss sur Livraddict m’a enfin motivée à lire ce livre qui avait élu domicile dans ma PAL depuis un moment. Et, pour une fois, je suis très fière car je suis dans les temps pour la LC!! :))

Je lis beaucoup sur l’holocauste et le nazisme et souvent, je dois le reconnaître, les livres se ressemblent, n’apportent rien de nouveau.
Du coup, j’ai été plutôt surprise par cette lecture. Surprise car malgré le sujet maintes fois abordé, l’angle sous lequel les choses sont présentées est intéressant. 

Nous suivons en effet le personnage principal, Rudolf Lang, depuis son enfance jusqu’à la fin de la guerre durant laquelle il a occupé le commandement du camp de concentration d’Auschwitz. 

Construit comme un roman, cet ouvrage n’en reste pas moins un témoignage sur la vie de celui qui a été chargé de mettre en place et « d’optimiser » la solution finale.

Un avant-propos de l’auteur nous présente son ouvrage comme un complément des Mémoires de cet officier SS, qui malheureusement a réellement existé : Rudolf Höss. Intéressant d’ailleurs de mettre en perspective l’un et l’autre, auteur et personnage du romancier. Robert Merle aurait en effet été très marqué par sa captivité qui a duré de 1940 à 1943 et qui deviendra l’un des sujets qui marqua son œuvre.

Le récit de la mort est mon métier se découpe en deux temps. Le premier, celui par lequel nous apprenons à connaitre Rudolf. Son enfance, marqué par l’un figure d’un père névrosé et tyrannique. Des tocs et des traits de caractères qui apparaissent très jeune et une dévotion absolue à la Patrie. Cet ensemble conduira le jeune Rudolf à s’engager très tôt au parti nazi, alors que celui-ci était encore clandestin.

Le second temps, celui où tout bascule, est le moment où il accepte la mission spéciale qui lui est confiée par le Reichfuhrer lui-même : le point de non retour de l’indignité humaine, la solution finale. Celle-ci est alors abordée de manière factuelle, industrielle même. Comment respecter les cadences imposées par le rythme des convois de plus en plus fréquent. Aucune humanité ne rentre en ligne de compte là dedans et le commandant ne se pose d’ailleurs à aucun moment la question. Pour lui, une seule chose compte :  on lui a donné un ordre, il doit y répondre bien, voire mieux que bien.

Il est sûr que l’on ne peut pas s’attacher au personnage principal, même son enfance, malheureuse il faut bien l’avouer, ne m’a pas émue et ne peux expliquer ce manque, que dis-je, cette absence totale d’humanité dans ce personnage. 

Pour terminer, j’aimerai préciser une dernière chose remarquable sur ce livre. Il s’agit de sa précocité. Aujourd’hui en effet, nous l’avons dit plus haut, les ouvrages historiques ou romans, ainsi que les témoignages sont nombreux sur le sujet. Mais, 1950 mais surtout publie en 1952 ce livre j’imagine la « révolution » que cela a dû être, alors que la réalité de ce qui s’est passé dans les camps restait à la fois un mystère et surtout un tabou. Le courage de cet auteur, qui s’adresse à un public qui n’est pas prêt à lire ce qu’il a à dire, ne fait qu’ajouter à mon admiration.

Je recommande la lecture de ce livre, à compléter par la lecture de Si c’est un homme de Primo Levi, pour lire les choses de l’autre côté. 


note Livraddict: 8,92 / 10 (45 votes)
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samedi 5 novembre 2011

Challenge 1000 ans de littérature française: les billets de la LC6de

C'est avec (beaucoup) de retard que je mets enfin en ligne les billets de cette nouvelle lecture commune. 
Les thèmes qui ont été retenus sont: Voltaire et Montesquieu

Challenge 1000 ans de littérature française


Ils ont lu Montesquieu
Lynnae, courageuse, s'est plongée dans la lecture des Considérations sur les causes de la grandeur des Romains. Elle nous averti sur cette lecture, agréable, mais pas toujours tant les notes de bas de pages sont nombreuses et qui nécessite quelques connaissances préalables.

Lettres persanes (1ère parution: 1721)
Yahrou a choisi de lire Lettres Persanes, le découpage en textes courts a facilité sa lecture. Les lettres qu'elle a préféré sont celles qui se situent dans les mystères du harem.

De mon côté, j'avais choisi Lettres Persanes et je ne sais pas encore si j'en ferai un billet. Je n'ai en effet pas réussi à le terminer (trop long, trop de notes de bas de pages et trop de personnages pour si peu d'action). Pour compenser, je me suis acheté Le siècle de Louis XIV de Voltaire (depuis le temps que je voulais le lire). Il faudra être patient, c'est un pavé énorme!


Ils ont lu Voltaire
Pour sa première participation, Rose a lu Candide. Si ce texte court ne l'a pas franchement séduite, il ne l'a pas non plus découragée puisqu'elle se demande déjà si une seconde lecture ne lui serait pas profitable! 


Candide (1ère parution: 1759)
Beaucoup de retard dans l'organisation du challenge. Du coup, les participants recevront ce week-end le sondage pour le choix de la prochaine LC que je vous propose de reporter à janvier.

Merci à tous pour vos messages et vos encouragements lors de ma longue absence sur la blogosphère

samedi 22 octobre 2011

Amalia Albanesi, Sylvie Tanette


(Source: Editions Mercure de France)
Quelle ne fut pas ma (bonne !) surprise de découvrir ce petit livre dans ma boîte aux lettres. Je n’avais pas reçu le mail de confirmation de Babelio. Surprise donc, mais ravie, je tourne l’ouvrage pour découvrir le 4ème de couverture. Et là je comprends déjà que ce livre a tout pour me plaire.

Cette histoire réunie beaucoup d’ingrédients pour me parler directement. Téo est un petit garçon de 8 ans qui doit construire son arbre généalogique pour l’école en un week-end. Avec l’aide de sa maman, ils tentent de remonter les méandres de l’histoire familiale. L’histoire se concentre essentiellement sur la famille maternelle du petit garçon et l’on comprend assez vite qu’un week-end est bien court !

Amalia Albanesi est le nom de l’arrière-arrière grand-mère du petit garçon, au destin singulier. Elle quitte en effet son village des Pouilles pour vivre sa propre vie en Egypte. Ce livre si court apporte pourtant beaucoup de dépaysement. Les personnages rencontrés nous font voyager sur le pourtour méditerranéen depuis l’Italie, la Croatie, en passant par le Liban ou encore l’île de Malte !

J’ai été absolument conquise par l’écriture fluide et douce de Sylvie Tanette qui signe ici son premier roman. J’ai aussi été directement touchée par cette histoire de femmes sur plusieurs générations. Forcément, cette histoire ne pouvait que me parler. J’avais même jusqu’à l’impression de lire celle de mes propres aïeules, l’histoire des femmes de ma famille….la référence à Malte et la description de La Valette y sont pour beaucoup ;)

Comment en effet en lisant cette histoire, ne pas penser à ma propre arrière-grand-mère qui quitta son île natale, Malte donc, à l’âge de 14, pour se retrouver en terre inconnue et tout reconstruire ? Comment non plus ne pas penser à toi, ma chère cousine, qui 80 ans plus tard décide de s’installer sur cette île d’où nous venons en partie ? Amalia devenait donc indirectement ma mémé, dont moi aussi je ne sais que peu de choses. Comme pour Téo, construire mon arbre généalogique en un week-end est impossible ! Comme pour Téo, dans ma famille maternelle les personnages les plus emblématiques sont des femmes.

Le livre est court et bien rythmé ce qui fait que l’on plonge à travers l’histoire de plusieurs générations en un peu plus d’une centaine de pages. Ma première réaction a été de me dire que c’était bien trop court. Avec le recul, c’est parfait !

Je recommande cette lecture coup de cœur.

Je remercie Babelio et les éditions Mercure de France pour ce partenariat.




Critiques et infos sur Babelio.com

Saga parisienne (tome 1): un balcon sur le Luxembourg, Gilles Shlesser


(source: site des éditions Parigramme)

Il y a des rendez-vous qu’on ne peut pas laisser passer, Internet ou pas Internet. C’est le cas de l’opération Masse Critique organisée régulièrement par Babelio, qui jusqu’à présent m’a permis de belles découvertes. Cette fois encore, la promesse a été tenue.

Saga parisienne : un balcon sur le Luxembourg est le premier tome d’une trilogie, qui relate la vie de la  famille Ormen, à Paris depuis 1942 sous l’occupation allemande jusqu’à 1958 et l’avènement de la Vème République. Le reste de la trilogie nous conduira jusqu’à nos jours.

Cette famille est un en quelque sorte un échantillon de la population à elle toute seule. Nous avons en effet d’un côté, Pierre, le sage père de famille, romancier un peu rêveur et engagé dans un réseau de résistants. D’un autre, son frère, Amédée, célibataire voyou et, évidemment, collabo. La guerre les affecte bien sûr mais le récit est construit sans apitoiement. Nous découvrons donc le quotidien de cette famille au destin particulier. Quotidien difficile, - le charbon manque, les denrées alimentaires aussi – sur fond de drame familial et trahison.

Le récit s’attache à nous dévoiler les sentiments des personnages, sans émotion exacerbée. J’ai apprécié le juste équilibre de ce récit entre l’histoire et les destins personnels. L’auteur dresse un cliché du Paris de cette époque, des fragments de vies dans une société en déchéance, puis en pleine reconstruction.

L’épisode de la rafle du Vel d’Hiv, tâche noire de notre passé, relaté ici à l’échelle de cette famille prend une dimension toute autre que dans les versions académiques : elle la personnifie, d’une manière simple et pudique. Les voisins de longue date de la famille Ormen sont en effet arrêtés, leur nouveau-né compris, sous leurs yeux impuissants.  Ont-ils été dénoncés ? Que deviennent les biens de cette famille Bronstein et, en particulier « l’heure bleue », un tableau de Picasso ?

J’ai également beaucoup apprécié de suivre cette famille après guerre. Probablement que le fait que Pierre Ormen soit un écrivain qui évolue à Saint-Germain auprès des plus grands auteurs ou penseurs de cette époque y est pour quelque chose (Sartre, Camus, de Beauvoir, …). Cette seconde partie en effet, nous rapproche plus de cette famille et en particulier du personnage de Pierre et s’éloigne un peu de l’histoire générale de cette époque qui n’est plus évoquée qu’en arrière plan. C’est un peu dommage, tant de choses se sont jouées au cours de ces Trente Glorieuses. A commencer par la naissance de la Vème République.

Vous l’aurez compris, j’ai apprécié la lecture de ce livre. Peut-être qu’un petit plus au niveau de l’intrigue ou encore du rapprochement de cette famille avec des personnages exceptionnels et réels l’aurait transformé en coup de cœur. A voir ce que donne le second tome.  

Je remercie Babelio et les éditions Parigramme pour ce partenariat. 


dimanche 16 octobre 2011

Et ça repart!

Bonsoir à tous!

C'est presque émue que je reprend du pianotage de clavier....absente depuis longtemps et pour de nombreuses raisons...Une chose est sûre, tout ceci m'a manqué. Des papotages sur Livraddict, la mise à jour de ma bibliothèque virtuelle sur Babelio et puis, évidemment, mon blogounet!

Voilà donc, je suis re-là! Toujours motivée pour le challenge 1000 ans, pour vous faire partager mes lectures, coup de coeur et déceptions. Pour échanger avec vous surtout, car seule, cette aventure n'a aucun intérêt. J'en profite pour remercier tous ceux qui sont passé pendant mon absence, merci pour vos visites et vos messages.

A très bientôt pour un nouvel avis de lecture.


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