mardi 19 janvier 2010

Perle de libraire - Liselotte

Bonjour à tous,

Aujourd'hui Liselotte a pensé à nous avec une petite perle de libraire:

" Un client arrive avec une liste de livres à acheter pour son enfant pour l'école et là je lis: les comptes de ma mère l'oie.

Magnifique! dans ta thématique avec ta fiche de lecture , l'Argent de ZOLA !"
Liselotte


samedi 16 janvier 2010

L'Argent d'Emile Zola

Après Les actifs corporels, la crise financière que nous subissons actuellement a motivé une seconde lecture, L'Argent d'Emile Zola (18ème tome des Rougon-Macquart) dont l'esprit du livre pourrait se résumer à la citation suivante:

" Un banquier sensé n'est hélas point un banquier qui voit venir le danger et l'écarte, mais un banquier qui, lorsqu'il se ruine, le fait d'une manière orthodoxe et conventionnelle, en même temps que ses collègues, de façon à ce qu'on ne puisse rien lui reprocher" (Keynes)




L'histoire
Le personnage principal, l'avide et antisémite Saccard, décide de se relever de sa ruine parisienne en créant la très catholique, Banque Universelle. Ses relations au plus haut niveau de l'Etat, son action pour des bonnes oeuvres, font de lui un personnage de confiance pour nombre d'investisseurs et petits porteurs. Ces derniers, peu habitués aux rouages de la Bourse, n'ont pas hésité une seule seconde à placer toutes leurs maigres économies et suivent aveuglément les conseils d'un Saccard à qui ils vouent une admiration sans failles. Emportés par la fièvre folle qui s'empart du titre dès son introduction, ils hésitent à vendre trop tôt, au risque de ne pas faire une plus-value suffisante. Saccard leur recommandant notamment d'attendre le cours mirifique de 3 000 francs, seuil qui lui tient particulièrement à coeur.
Les malversations du fondateur de la banque, emporté dans une guerre froide contre un banquier concurrent, mettront finalement fin au rêve de gloire et de richesse d'un Saccard qui a vu trop vite et surtout trop grand! Son antisémitisme à l'égard de son adversaire, le banquier Gunderman, lui feront perdre la raison...jusqu'à la ruine complète.

Mon avis
Je n'ai pas encore lu beaucoup de Zola, Au bonheur des Dames au collège, comme beaucoup d'entre nous. L'Argent m'a passionné, non que je sois une personne cupide (loin de là). La justesse des propos de Zola, le récit de la faillite d'une banque inspiré d'un fait réel (le procès de l'Union Générale en 1882)...Etonnament moderne même un siècle après sa première publication et, plus que jamais d'actualité! 
J'ai également beaucoup apprécié me balader avec Zola près de la Bourse, sur les Grands Boulevards et dans le Saint-Lazare de la fin du XIXème siècle. De retrouver des rues connues, puisque je les emprunte régulièrement et de me rendre compte, que finalement, là aussi, les choses n'avaient pas beaucoup évoluées.
Un livre à mettre entre les mains de tous les futurs traders...Sait-on jamais, les choses pourront peut-être changer un jour?!

Citations
"N'était-ce pas la réponse à cette question de savoir si l'argent n'est point l'éducation, la santé, l'intelligence?"

mercredi 13 janvier 2010

La Tribune de Liselotte

Un billet exceptionnel aujourd'hui, mais qui je l'espère deviendra vite une nouvelle rubrique pour 2010! Mediatexte ouvre en effet une tribune pour Liselotte, une amie chère, comme on en rencontre peu au cours de sa vie. Vous savez, de ceux que l'on perd de vu un peu, à qui l'on pense souvent, que l'on retrouve un jour comme si on s'était quitté la veille et surtout qu'on espère garder toujours.

Liselotte est aujourd'hui libraire dans une grande enseigne et s'est laissé convaincre pour nous faire partager ses coups de coeur (youki!) et je l'espère plus encore (perles de libraire?si, juste quelques unes...).

Je suis ravie de lui faire une petite place sur ce bébé-blog et espère sincèrement que ce ne sera pas la première fois. Et si vous m'aidiez? Je suis sûre que vos retours / commentaires l'encourageront à venir partager un billet de temps en temps!

"Les coups de coeur de ma libraire préférée"
(histoire que nos PAL prennent encore un étage supplémentaire!)

No et moi, Delphine de Vigan
Lou, surnommée le cerveau, est une ado surdouée et timide. La rencontre de Nolweenn une jeune sdf à 1000 lieues de son univers va bouleverser sa vie. Le ton est juste, le propos engagé, ce livre a reçu le prix des libraires 2008, à juste titre.

L'homme qui ne savait pas dire non, Serge Joncour
On se retrouve tous dans Beaujour le personnage de ce roman. Employé dans un institut de sondage, il va grâce à un atelier d'écriture, réapprendre à dire et utiliser le mot non, le "oui" le mettant dans l'embarras au quotidien. Une réeducation au non, des scènes cocasses, un roman sincère et drôle auquel on dit OUI !

La cité des Jarres, Arnaldur Indridason
Un corps laissé avec un message, la découverte de la cité des jarres, collection d'organes en bocaux, vous ne lâcherez pas ce polar islandais! Une violence contenue, une ambiance glaciale, un inspecteur, Erlendur Sveinsson que l'on retrouvera volontiers dans les autres opus d'Arnaldur Indridason.



dimanche 10 janvier 2010

L'invité de Roald Dahl

Parce que c'est de saison, parce qu'après la lecture de Si c'est un homme, j'avais besoin de légèreté....et parce que c'est Roald Dahl!

Une famille reçoit un jour un carton rempli de livres: les journaux intimes de l'oncle Oswald, dont ils n'ont plus de nouvelles depuis plus de 30 ans...Ce dandy, véritable Dom Juan, a passé sa vie à travers la planète, séduisant de nombreuses femmes. Ses journaux retracent ses aventures, tellement scandaleuses qu'impossibles à publier. Sauf, peut-être la dernière...L'oncle Oswald se retrouve en Egypte, perdu en plein désert du Mont Sinaï, invité à séjourner dans un magnifique palais digne des Mille et Une Nuits. Mais qui séduire? La Reine ou la Princesse? Tel est le dilemne de l'oncle Oswald...


Quel plaisir de renouer avec cet auteur qui a tant marqué mon enfance. Une fois encore, c'est le roi de la chute...inatendue et remplie d'humour!  J'avoue, cette fois, j'en suis restée bouche bée quelques minutes...mais chut, je ne veux pas vous gâcher votre lecture.
L'histoire est courte (96 pages à dévorer), trop, beaucoup trop courte, on en veut encore! Ca tombe bien, cette nouvelle est extraite de La Grande entourloupe, que je lirai probablement bientôt.

vendredi 1 janvier 2010

Si c'est un homme, Primo Levi (Blogoclub)


Si c'est un homme de Primo Levi...un livre depuis longtemps présent dans ma PAL et dont je repoussais sans cesse la lecture. Pourquoi? Parce que j'ai lu beaucoup de livres sur la seconde guerre mondiale, sur l'holocauste et l'horreur nazie. Des romans, des témoignages et, j'avoue qu'après les nausées provoquées par la lecture des Bienveillantes, j'ai eu envie de lire sur d'autres sujets, plus légers!...

Et puis j'ai commencé à écrire ce blog et me suis inscrite au Blogoclub, un club de lectures qui propose d'échanger régulièrement autour de lectures communes. Les membres du club ont désigné Si c'est un homme sur le sujet de l'Italie. Et pour cela je dois les en remercier...
Si c'est un homme est un livre qu'il faut ABSOLUMENT avoir lu dans sa vie!

Primo Levi est un des rares rescapés d'Auschwitz et son témoignage est unique. A travers lui, nous apprenons la réalité d'un camp de concentration, son organisation et les relations entre les prisonniers. J'ai reçu par cette lecture une grande leçon d'humilité et d'humanisme. Malgré tout ce que j'ai déjà lu et pensais savoir sur ce sujet, je me suis aperçue de manière douloureuse que ce livre soulevait des questions sur lesquelles je ne m'étais finalement que très peu interrogée.

"L'Homme est un loup pour l'Homme" nous apprenait Thomas Hobbes...et ce livre illustre parfaitement cette maxime! Le camp reproduit une "société" faite de privilégiés et de "sous-hommes". Pour survivre, il faut comprendre et respecter cette hiérarchie, abuser des plus faibles et ruser pour obtenir un morceau de pain supplémentaire. La solidarité, la compassion, l'entraide...sont des valeurs qui n'existent plus. L'auteur nous démontre en effet que ces valeurs sont humaines et qu'un Häflinge n'est finalement plus un homme!

Ce qui surprend et qui est véritablement remarquable dans ce témoignage, c'est l'absence totale de haine envers les nazis. Les soldats n'apparaissent qu'à de rares occasions, comme lors de la scène de sélection totalement arbitraire pour les chambres à gaz.....Les rares apparitions témoignent une fois de plus de la condition de "non-homme" ressentie par le narrateur: pas un regard, pas une parole...

Ce livre m'a beaucoup ému, par son témoignage simple et direct, d'autant que l'auteur a tenu à ne rapporter que des faits dont il a été le témoin. J'appréhendais une lecture trop moralisatrice et c'est tout le contraire. Toujours curieuse, j'aurais aimé en savoir un peu plus sur la libération du camp et sur le retour à la vie normale. Il n'est pas exclu que le lise les autres témoignages de Primo Levi pour peut-être trouver les réponses à ces questions.


Pour lire les billets des autres membres du Blogoclub, c'est ici.
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